L'avis des papilles

En 2003, nous avons participé à deux concours de dégustation à l'aveugle. Cette double mise à l'épreuve fut couronnée par deux médailles d'or, heureuse récompense qui nous conforte dans notre choix de la qualité, et qui fait oublié la rudesse de notre activité telle que nous la pratiquons.


Concours national des vins vinifiés par le vigneron indépendant
Médaille d'Or pour la cuvée L'Estrade 2001



Concours gardois des vins
Médaille d'Or pour la cuvée Cante Renard 2001





Et également dans la presse :

Un nouveau vigneron


Dans une période où les cessations d'activités agricoles font plus souvent la une des informations relatives aux métiers de la terre, il est toujours agréable de saluer l'installation d'un nouveau vigneron. Mais qu'est ce qui peut pousser un homme à s'orienter vers une nouvelle destinée. La réponse de Philippe Pibarot est simple : l'amour de sa région. Natif de Langlade, il habite depuis un certain temps déjà à Mus. La passion du vin et la volonté de pratiquer une culture naturelle a fait le reste.

Dans un marché très concurrentiel, Philippe Pibarot explique ce qui peut conduire un jeune à s'engager dans une activité qui nécessite des investissements importants : comme pour toutes les décisions induites par la passion, la volonté de participer à la valorisation de son terroir en élevant un vin de qualité à été décuplée. Réussir est un idéal qui écarte bien d'obstacles.

Exigeant sur la qualité, travaillant la terre sans désherbant et la vigne manuellement, limitant le rendement, il est sûr que la récolte faite en famille, acheminée en parfait état sanitaire, vinifiée par les levures indigènes, produira un vin qui sera le reflet fidèle du terroir où les racines des souches s'abreuvent.

Heureux, ce nouveau vigneron, qui veille méticuleusement à l'élevage de sa première récolte.



Petits rendements et grosse
ambition chez l'ancien VRP


Quand il voit débarquer dans son domaine les vendeurs de groupes phytosanitaires, il sourit. D'abord parce qu'il les aime bien ces commerciaux issus d'une corporation qu'il a lui-même bien connue, ensuite parce qu'il n'est acheteur de rien, et encore moins de ces molécules synthétiques qui feraient soi-disant des miracles dans les rangs des parcelles viticoles.

Philippe Pibarot est un gars entier. Fonceur, décidé, précis, motivé. Et attachant, avec ça. Il y a encore cinq ans, l'homme au sourire naturel vendait des appareils électriques et des lampadaires aux collectivités " dont ceux du quai de la Fontaine à Nîmes ! "

Alors à ses antipodes, sa passion le rejoint soudain et le voilà qui troque son attaché-case contre un diplôme agricole doublé d'une spécialisation en oenologie Prêt à entrer dans ce monde d'alchimistes et d'apprentis sorciers de la fabrication du vin. En pratique, le décollage est retardé par deux difficultés. La première, technique, concerne la terre. " Quand on n'est pas héritier ni du métier, on n'est pas toujours informé sur ce qui se vend. Il y a une règle de préférence ", analyse sans amertume le viticulteur. Installé à Mus près de Calvisson, c'est finalement du côté de Nages, Saint-Dionizy et Langlade qu'il acquiert 5,5 hectares de vigne et en loue deux de plus. Les parcelles sont déjà plantées, en sauvignon notamment pour le blanc, en cabernet sauvignon pour le rouge et en vieux cépage aramon pour les rosés. " Elles appartenaient à un coopérateur et produisaient pas loin de 500 hectolitres pour six hectares. J'ai fait tomber ce rendement à 184 hectolitres l'an dernier. C'était d'autant plus difficile que l'aramon est une variété hyper productive, mais je l'ai gardé pour montrer tout le bien qu'on peut en tirer. " Le deuxième écueil est financier. Comme il presse, vinifie et conditionne son vin de la récolte à l'étiquette, Philippe Pibarot a dû investir 300 mille d'euros. Et s'endetter lourdement... quoique avec le même sourire.
Ce matin, le viticulteur a démarré la récolte des rouges. Soignée et précise, il la veut irréprochable: " Un bon vin commence par un super raisin, propre et sans défaut. " Pour l'obtenir, un gros travail de préparation en amont. Règle numéro un : laisser faire au mieux la nature. En se privant de tout désherbant, remplacé par le labour et des tontes régulières. En raisonnant les traitements au cuivre, pas plus de cinq cette année contre près d'une quinzaine en général ailleurs. En effeuillant aussi les pieds de vigne pour " aérer la zone fructifère, surtout sur les cépages fragiles comme les sauvignons blancs ". Règle numéro deux: maîtriser le rendement. " L'aramon est un clone productif, il a un porte-greffe vigoureux. Je l'oblige à être l'inverse. "

Même approche pour la cueillette, manuelle et destinée à des caissettes de dix à quinze kilos maximum ; miroir inversé de la vendangeuse mécanique et de la pastière qui écrase les grains.

A la fin, Philippe Pibarot mise sur des vins tanniques, fruités et d'un grand équilibre. Les étapes de sa vinification censurent toute intervention chimique à part celle du SO2, ce fameux conservateur générique à base de soufre dont il faut savoir également raisonner l'usage.

D'ici trois ans, l'ancien VRP de la lumière se hissera d'un cran, de plus dans la crédibilité viticole. Avec des amis, il vient d'acheter une friche de neuf hectares à Langlade, classée en coteaux-du-languedoc. Aujourd'hui il ne s'agit que d'un bout de garrigue plein de cailloux à concasser. Demain ce sera un eldorado " au parcours de capitelles et de truffières " ressuscitées qui portera haut les couleurs d'une bonne façon de faire du vin affective plus encore que productive.
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